“Ne laisse jamais à demain ce que tu peux faire aujourd’hui”. C’est vrai, sauf quand cela peut faire économiser 12 millions d’€.
Arsène Wenger est un grand entraîneur, sans conteste, mais il est aussi et surtout un incroyable gestionnaire. Un manager qui a réussi à faire passer Arsenal du statut de club historique en perte de vitesse au statut de grand d’Europe aux reins solides. Essayez de qualifier Saint-Etienne en C1 10 ans de suite et on en reparle…Et si l’armoire à trophées des Gunners prend la poussière depuis quelques années, peu de clubs de la même envergure peuvent se targuer d’avoir une base managériale et financière aussi saine. Pour en arriver là, pas de secret : recruter efficace et pas cher, la spécialité de coach Arsène. Qui a fait du bordelais Marouane Chamakh son cru 2010, refusant de débourser les 12 M€ demandés en 2009. Alors, coup de fusil ou pétard mouillé ?
Chamakh, un garçon qui prend son temps
Le jeune Marouane débute avec l’équipe pro bordelaise en 2003, à 19 ans, et rejoint la sélection marocaine dans la foulée. Le but ici n’est pas de raconter sa vie : on retiendra seulement qu’il met 4 ans à percer et que Bordeaux refuse une offre lyonnaise de 18 M€ en 2007, offre stratosphérique lorsque l’on note que le bordelais n’a marqué que 7 buts lors de la saison 06-07. Après avoir prolongé son contrat, il continue de progresser match après match, jusqu’à l’arrivée de Laurent Blanc sur le banc Girondin.
Depuis, Marouane a franchi un palier : à sa panoplie largement reconnue de guerrier, il a ajouté l’art de la finition, réussissant ses meilleures saisons sur le plan statistique et enrichissant son palmarès de plusieurs trophées (Champion de France, Coupe de France, Coupe de la Ligue…). Il se fait un nom sur la scène continentale, au point qu’à la fin de la saison 2009, à un an de la fin de son contrat, Arsenal propose 7 M€ pour le récupérer. Bordeaux en veut 12, somme proposée par Sunderland, mais c’est finalement Blanc qui bloquera le transfert du Lion de l’Atlas : ce sera un grand club ou rien. En ce sens, il a peut-être lancé sa carrière au plus haut niveau, puisque Chamakh réussit sa meilleure saison dans la foulée, à travers une campagne européenne énorme (5 buts, ses 5 premiers dans la compétition). L’amourette de l’été 2009 prend alors forme en 2010 : Marouane signe gratuitement pour Arsenal et laisse un grand vide en Gironde, tant sur le plan sportif qu’humain, lui qui est si engagé associativement pour soutenir les jeunes marocains en difficultés (1001 sourires)
Un guerrier toujours prêt à prendre les armes
La Gironde et tout le Maroc attendent avec excitation le début de saison de Chamakh. Car pour beaucoup d’observateurs, la tige bordelaise est taillée pour le jeu anglais : grand, technique, excellent de la tête, solide sur ses appuis et précieux dans les duels. Et pour une fois, la formule n’est pas vaine : Chamakh est vraiment le premier défenseur de son équipe.
Et si Arsenal a remporté le gros lot, Liverpool et Tottenham étaient aussi sur le coup.
Seulement, si Marouane est si attendu par le public francophone, le challenge qui l’attend Outre-manche est de taille : il y est très peu connu du grand public et ses concurrents ne se nommeront plus Cavenaghi ou Bellion mais bien Bendtner, Eduardo, Walcott ou Van Persie. A la fois une chance pour lui puisqu’aucun d’entre eux n’a un profil aussi atypique mais aussi un risque important : le train ne passe pas deux fois dans les grands clubs et s’il ne saisit pas sa chance, Chamakh pourrait sérieusement torpiller sa carrière à 26 ans, lui qui n’a connu qu’un seul club jusque là. Benzema, 3amrek touel !
Un excellent joueur ou un excellent rapport qualité/prix ?
Car c’est bien là que le bât blesse. Chamakh que l’on sait courtisé depuis un moment a-t-il vraiment été souhaité par Wenger pour ses qualités ? Ou plutôt pour son rapport qualité/prix ?
Car si le coach des Gunners est économe, il n’a pas hésité à mettre le paquet quand il a recruté Reyes pour 35 M€, Walcott (à seulement 17 ans) pour 18 M€ ou encore Eduardo pour 25 M€. Des joueurs qu’il a choisi personnellement et qu’il a recruté à prix d’or. Un recrutement en forme de désaveu pour Chamakh, quand on sait que l’offre de l’année dernière atteignait péniblement les 7 M€…Bien que Wenger se justifie en expliquant qu’on ne paie pas plus pour un joueur à qui il reste une seule année de contrat, on ne peut s’empêcher de penser que l’international marocain n’aurait jamais atterri à l’Emirates s’il n’avait pas été free agent.
Un espoir pour le Maroc et pour l’Afrique ?
Ceci dit, Marouane Chamakh s’est tout de même officiellement engagé avec l’un des meilleurs clubs du monde et c’est bien le plus important. Car s’il a été souvent heureux en club, il reste un domaine où il n’a jamais vraiment été en réussite tant au niveau collectif qu’individuel : l’équipe nationale. Et c’est avec beaucoup d’espoir que tous les marocains attendent que leur attaquant fétiche franchisse encore un palier et prenne une autre dimension. Car si la Côte d’Ivoire a Drogba, le Cameroun Eto’o et le Togo Adebayor, il manque encore au mountakhab un joueur capable de porter l’équipe vers les sommets et de la tirer vers le haut. A défaut, les prochaines CAN risquent d’être difficiles. Sans parler de Brasil 2014…
Votre serviteur, Qerd Mamass



I like ton analyse et je pense que Chamakh a fait le bon choix. Non seulement le jeu londonien lui conviendra mais en avec les limites de Bendtner les gunners avaient un vrai besoin.
Ceci dit pour que ce lionceau, et son apport a l’équipe nationale soit un jour comparable a etoo fils, drogba ou Essien, il faut bien sur que Marouane performe en club mais il faut srtt qu’il ait ENVIE de porter le Maroc; même en dehors du terrain. C pas gagné. Espérons qu’avec Gerets…